Le guano est utilisé depuis longtemps dans le désert d'Atacama

Une récente étude archéologique publiée le 25 janvier dernier dans la revue Nature Plants montre une intensification étonnante de l’agriculture au nord du Chili. En effet, au sein du désert d'Atacama l’agriculture a considérablement augmenté à partir du XIe siècle grâce au guano, un fertilisant naturel. Ici, vous découvrirez les résultats de cette étude.

Un ingrédient miraculeux

D’après les chercheurs ayant réalisé cette étude, cette hausse considérable de l’agriculture s'explique par l'utilisation du guano. Il s’agit d’un engrais naturel fait d'excréments de mouettes et utilisé pour fertiliser les sols du désert d’Atacama. Aussi appelé l'or blanc, le guano aurait donc permis à la survie des populations de cette zone aux conditions climatiques intimidantes. D’après d’autres études, les excréments de mouettes, pélicans et autres cormorans peuvent accroître de 20 à 40% les concentrations en azote des plantes. Des tests réalisés sur des champs de maïs péruviens ont également prouvé que les déjections de mouettes peuvent multiplier par cinq la concentration en azote.

Mais, le désert d'Atacama se situant à plus de 90 kilomètres des côtes pacifiques, il convient de se demander où les fermiers trouvaient ce précieux engrais. Cette étude archéologique met donc aussi en lumière l'incroyable expansion des déplacements dans cette région. Elle permet aussi d'éclaircir les modalités de développement des réseaux de commerce.

Des résultats sur les plantes prouvés grâce à l'analyse de restes humains

Sachez que les végétaux n’ont pas été les seuls éléments utilisés pour cette étude (plus de 240 échantillons de plantes étudiés). Effectivement, des restes humains datant de 500 ap. J.-C. à 1 450 ap. J.-C, ont aussi été analysés. Ceux-ci ont été collectés dans le nord du Chili. Les résultats étaient incontestables, car la concentration en azote a décuplé vers l'an 1000. De plus, il a été aussi décelé une hausse au niveau des isotopes de carbone dans les restes humains à la même époque. Cela prouve d’après les chercheurs une consommation plus importante de maïs dès cette époque. L’on détient donc une nouvelle preuve que les civilisations précolombiennes étaient de véritables visionnaires. Car effectivement, le guano demeure aujourd'hui encore un fertilisant naturel fortement utilisé.